09 mars 2014

Stocker les énergies renouvelables grâce à l'hydrogène solide

McPhy Energy, une jeune société française spécialisée dans le stockage de l'énergie et la production d'hydrogène solide, va bientôt entrer en bourse.

Ajuster la production d'électricité à la demande est devenu un véritable casse-tête avec l'essor des énergies renouvelables. La multiplication des sites de production éoliens ou solaires soulève des problèmes de saturation du réseau électrique, et génère des gaspillages importants du fait de leur caractère intermittent. Parvenir à stocker le surplus d'énergie généré pendant les pics de production afin de le consommer durant les mauvaises périodes est donc un enjeu majeur.

De nombreuses sociétés dans le monde se sont lancées dans une course technologique avec pour objectif de trouver la "solution miracle" au problème du stockage de l'énergie. Alstom par exemple travaille sur la batterie MaxSine eStorage d'une capacité de 12 mégawatts, en cours de test dans le quartier solaire Nice Grid. D'autres ont choisi de se focaliser sur le stockage mécanique, thermique ou électrochimique à base d'hydrogène liquide ou gazeux.

Mais pour l'heure, le stockage de l'électricité est surtout représenté par les stations de transfert d'énergie par pompage (STEP). C'est-à-dire des barrages hydroélectriques qui sont capables, en cas de surproduction électrique, de transférer l'eau en altitude dans un ou plusieurs réservoirs. Lorsque la demande grimpe, l'eau est ensuite libérée pour récupérer astucieusement l'énergie en se servant de la gravité. Fiable et rentable, cette technique a pour principal défaut de ne pouvoir être utilisée que dans des zones géographiques spécifiques.

De son côté, la PME française McPhy Energy propose un procédé technique qui pourrait changer la donne. Une solution de stockage sous forme d'hydrogène solide, issue d'une décennie de recherche et développement en association avec le CNRS et le CEA.


Le concept repose tout d'abord sur la conversion de l'énergie électrique issue des éoliennes et des panneaux photovoltaïques en énergie chimique par électrolyse. Après avoir plongé deux électrodes dans de l'eau, le courant électrique excédentaire est utilisé pour casser les molécules H2O afin de récupérer le dihydrogène, avec un rendement énergétique de 60 à 70%. Autrement dit, les 2/3 de l'énergie électrique qui aurait été perdue sinon serait récupérée pour fabriquer de l'hydrogène.

Dans un second temps, cet hydrogène est stocké sous forme solide en le fixant sur des galettes de magnésium, un métal abondant sur terre et fort peu coûteux. Le matériau obtenu, que l'on nomme hydrure de magnésium, offre de multiples avantages :
  • Il permet un gain de place considérable par rapport au stockage de l'hydrogène liquide ou gazeux. Une seule galette de magnésium de 30 cm de diamètre pour 1,5 cm d'épaisseur peut contenir l'équivalent de 600 litres d'hydrogène !
  • La forme solide est beaucoup plus stable et sécurisée que la forme liquide ou gazeuse, ainsi l'énergie stockée est facilement transportable sur un territoire donné.
  • Le processus peut être aisément inversé en chauffant les galettes à quelques centaines de degrés, ce qui a pour effet de libérer l'hydrogène avec un rendement de 90%.

Toutefois, le meilleur reste à venir ! Car le système combiné alliant un générateur d'hydrogène avec une capacité de stockage est aussi bon marché qu'écologique ! D'après les équipes McPhy Energy, il serait possible de produire 1 kilogramme d'hydrogène pour seulement 5 €, en ne consommant que de 10 litres d'eau à peine ! L'hydrogène serait semble-t-il revendu à 9 € le kilo sur le marché...

Cela ouvre un large éventail de nouvelles applications industrielles très intéressantes. Les galettes d'hydrure de magnésium pourraient notamment être utilisées comme piles à combustible dans des véhicules adaptés. 5 kilogrammes d'hydrogène solide suffirait à offrir aux voitures une autonomie de 500 kilomètres, contre 100 en moyenne pour les modèles électriques actuels. Et le coût de la recharge serait proche du prix d'un plein d'essence d'un véhicule thermique (5 Kg X 9 € = 45 €) !

En outre, l'hydrogène après inversion du processus pourrait être directement injecté dans le réseau de gaz naturel, à condition de ne pas dépasser 20% du mélange.

L'entreprise McPhy Energy, qui revendique déjà plus de 1000 clients dans le monde dans le secteur des électrolyseurs, a annoncé sa prochaine introduction en bourse afin de lever une vingtaine de millions d'euros, destinés à accélérer le développement de sa technologie de stockage.

24 février 2014

Outernet : l'Internet gratuit, universel et non censuré

Plus d'un être humain sur deux n'a pas accès à Internet, ou se contente d'un Web censuré par son gouvernement. Avec Outernet, le MDIF propose d'en finir avec ces restrictions !

Le Media Development Investment Fund (MDIF) est un fonds d'investissement sans but lucratif, qui a pour objectif de combattre la censure partout dans le monde. Depuis sa création en 1996, ce fonds propose des prêts à bas coût à des entreprises médiatiques indépendantes, et finance leur développement dans des pays ayant une longue tradition d'oppression envers les journalistes.

L'argent utilisé provient entre autre du milliardaire philanthrope George Soros, au travers de son réseau de fondations Open Society. Ainsi que d'Oxfam ou de la Fondation MacArthur.

Récemment, le MDIF s'est lancé dans un nouveau projet susceptible de révolutionner la lutte contre la censure : l'Outernet. L'idée est d'offrir une connexion Internet gratuite à la planète entière, grâce à des centaines de satellites miniatures nommés CubeSats.


La constellation de satellites sera placée à une orbite basse et connectée à un réseau de stations au sol. Elle transmettra des données sans interruption en utilisant les technologies UDP et Wi-Fi, et d'autres protocoles standards. Les futurs utilisateurs pourront alors partager des informations en réseau, directement sur leurs ordinateurs ou smartphones.

Au début, les premiers satellites ne pourront diffuser qu'une communication unidirectionnelle, avant de passer à une communication bidirectionnelle lorsqu'ils seront suffisamment nombreux.

Cependant, l'ensemble des sites Web ne seront pas accessibles, la priorité étant donnée aux sites proposant des actualités internationales indépendantes, à l'encyclopédie Wikipédia ou aux services d'éducation en ligne par exemple. Il est prévu que les utilisateurs puissent choisir eux-mêmes la liste des sites/services prioritaires par SMS ou par application smartphone.

L'intérêt de ce concept est d'une part de fournir un accès Internet aux pays qui ne disposent pas des infrastructures nécessaires, notamment dans les régions les plus isolées. Et d'autre part, de rendre la censure du Web par certains gouvernements (Chine, Corée du Nord...) techniquement obsolète ! Enfin, autre atout non négligeable, Outernet pourra jouer le rôle d'un système d'alerte planétaire afin de prévenir les populations en cas de catastrophe naturelle.

Les premiers micro-satellites seront lancés dans quelques mois pour tester le fonctionnement du dispositif. Si les résultats sont positifs, les CubeSats seront ensuite déployés à grande échelle au début de l'année 2015. Si vous désirez participer à l'aventure, vous pouvez faire une donation en Bitcoins (ou en monnaie classique) sur la page du projet : https://www.outernet.is/ !

17 février 2014

Où nous mène la techno-médecine ? Vers l'immortalité ?

Ce n'est plus tout à fait de la science-fiction, l'être humain qui vivra 1000 ans est sans doute déjà né ! Et ce, grâce à la techno-médecine...

Fondateur de Doctissimo en 2000 et de DNAvision en 2004, Laurent Alexandre est l'auteur du livre "La Mort de la Mort", dans lequel il décrit comment les biotechnologies vont bouleverser l'humanité au cours du 21ème siècle en provoquant une explosion de l'espérance de vie.


En 2013, ce chirurgien de profession a participé à la conférence européenne USI qui se consacre à l'étude et à l'analyse des transformations de la société provoquées par le numérique. A cours de son intervention passionnante, Laurent Alexandre détaille les multiples conséquences économiques, éthiques et politiques des nouvelles technologies médicales. A ne surtout pas manquer !