04 avril 2015

Créer de nouveaux sens pour les humains

Lors de la dernière conférence TED qui s'est tenue du 16 au 20 Mars à Vancouver, le neuroscientifique David Eagleman membre du Collège de médecine Baylor (à Houston) est venu présenter ses travaux sur la réparation et l'augmentation des sens.

Ce spécialiste de la perception du cerveau est convaincu que les technologies peuvent nous permettre de substituer des sens perdus ou de nous munir de nouveaux sens.

Durant son intervention, il est tout d'abord revenu sur le fonctionnement du cerveau : un formidable outil d'analyse capable d'extraire des informations à partir des données qu'il reçoit et de leur attribuer des significations précises en se basant sur les données qui sont déjà stockées dans les neurones.

Le cerveau a pour particularité intéressante de pouvoir décrypter des signaux quelle que soit leur origine (après un entraînement), du fait sa grande plasticité. C'est notamment le cas des aveugles qui apprennent à lire le Braille, ou qui développent un sens du toucher étendu au fil du temps. Dès lors, il serait possible de fournir au cerveau des données provenant de dispositifs de perception artificiels.

Autrement dit, d'offrir à l'être humain des sens radicalement nouveaux !

Pour prouver cette théorie, David Eagleman a lancé un projet de recherche visant à accroître le champ de perception des humains à l'aide d'une veste bourrée de petits nodules motorisés qui convertissent des informations en vibrations : le Versatile extra-sensory transducer (VEST) ou Transducteur de variables extra-sensorielles (en français).

L'un des principaux objectifs de cette "veste" est de permettre aux sourds de retrouver l'ouïe sans passer par la chirurgie (implant cochléaire) en convertissant les mots prononcés en vibrations, que le cerveau apprend à décrypter de la même manière que les aveugles apprennent à lire les lettres en braille. Les essais réalisés jusqu'ici montrent que quelques semaines suffisent pour que le porteur commence à maîtriser au moins partiellement le "langage par vibration".

Cependant, cette technologie prometteuse pourrait à terme aller beaucoup plus loin en passant de la simple substitution des sens à leur augmentation :
  • Accroître les capacités visuelles des humains en leur permettant de voir en infrarouge ou en ultraviolet, ou en leur offrant une vision à 360 degrés.
  • Donner la possibilité aux investisseurs de ressentir les fluctuations boursières en temps réel, aux astronautes de connaître l'état de santé de la Station spatiale internationale ou aux soldats de déterminer la position de leurs alliés les plus proches sur le champ de bataille, etc.

Durant la conférence TED, David Eagleman a testé lui-même la veste pour ressentir les conversations Twitter relatives à son intervention en direct : les messages postés par les spectateurs lui ont été transmis sous forme de vibrations dont le motif variait selon le caractère positif ou négatif des mots employés !

01 avril 2015

Fin de la croissance ou croissance non mesurable ?

"Les Experts" de BFM Business ont livré une émission très intéressante aujourd'hui sur la productivité du travail et la création de valeur ajoutée dans le cadre des transformations technologiques majeures que nous traversons (numérique, robotique, génétique).

Nicolas Doze et ses invités (Patrick Artus, Jean-Marc Daniel et Alain Madelin) ont tâché de répondre à plusieurs questions : Se dirige-t-on vers un monde sans croissance et sans emplois à cause des machines et des algorithmes ? La production de valeur stagne-t-elle ou se traduit-elle par une déflation des prix ?



04 mars 2015

Le grand retour des travailleurs non-salariés

Au cours des dernières décennies, le nombre de travailleurs non-salariés a connu un fort déclin en France, diminuant de moitié entre 1970 et 2000. Un phénomène principalement lié à la hausse de la productivité dans le secteur agricole, et à la disparition progressive des exploitations individuelles. Ainsi qu'à la fermeture des petits commerces en zone urbaine au profit des grandes surfaces.

Toutefois, cette tendance s'est inversée à partir du début des années 2000. La population des non-salariés s'est tout d'abord stabilisée, avant de commencer à progresser depuis le milieu de la décennie passée. Les effectifs continuent certes de baisser dans l'agriculture, mais à un rythme moins soutenu qu'auparavant. De ce fait, le dynamisme de l'emploi non-salarié dans les autres secteurs compense largement les pertes. Le nombre des non-salariés hors secteur agricole a ainsi augmenté de 26% entre 2006 et 2011 !

L'ensemble des travailleurs indépendants représentent désormais plus de 10% des personnes ayant une activité professionnelle en France. Ce renouveau de l'emploi non-salarié a évidemment été rendu possible par la création en 2009 du statut auto-entrepreneur, qui allège la fiscalité et les formalités administratives des créateurs d'entreprises bien qu'il soit souvent cumulé avec une activité salarié sur le côté.

Pour autant, cette évolution s'inscrit dans une tendance plus large, puisque l'on constate une hausse des travailleurs indépendants dans tous les pays occidentaux. Certains y voient une conséquence directe de l'Uberisation du travail et prédisent que les non-salariés pourraient devenir majoritaires à moyen terme. L'économie de la demande conduisant inévitablement au travail à la demande...


Source : Insee - "Panorama de l’emploi et des revenus des non-salariés".

27 février 2015

2 fois plus d'étudiants dans le monde qu'en 2000

Entre 2000 et 2012, les effectifs de l'enseignement supérieur ont doublé dans le monde, passant de 100 à près de 200 millions d'inscrits. La mondialisation de l'économie se traduisant en mondialisation du savoir.

Cette croissance provient surtout de l'Asie qui représente 66 % de la progression à elle seule, notamment de la Chine et de l'Inde où les ménages consacrent désormais plus de 10 % de leurs revenus annuels à l'éducation de leurs enfants. Les effectifs africains ont également doublé durant la même période, bien que cela ne saute pas aux yeux sur le graphique vu que leur contingent initial était réduit.

Par ailleurs, le nombre d'étudiants en Europe et en Amérique du Nord continue de croître très fortement, gagnant des dizaines de millions d'étudiants supplémentaires. Toutefois, la hausse est due pour l'essentiel aux pays d'Europe de l'Est, à la Russie et au Mexique.

Cette massification a été permise par l'essor des classes moyennes dans les pays en développement, qui investissent des sommes de plus en plus conséquentes dans l'éducation supérieure. Il y a d'ailleurs une corrélation directe entre la croissance du PIB et la hausse du nombre d'étudiants : les dépenses dans l'enseignement supérieur augmentant rapidement dès que le PIB par habitant dépasse 10 000 dollars.


Source : France Stratégie - "Investir dans l'internationalisation de l'enseignement".

25 février 2015

Quand la recherche est devenue une affaire privée

Il n'y a pas si longtemps, la majorité des chercheurs en France travaillaient au sein des administrations publiques (hors entreprises publiques) sous contrôle et financement de l'Etat. Ce n'est plus le cas à ce jour puisque les deux tiers des chercheurs travaillent désormais dans les sociétés privées.

Cette inflexion est due aux recrutements massifs réalisés par les entreprises à partir du début des années 2000, qui ont plus que doublé leurs effectifs de recherche en l'espace d'une décennie. Tandis que les équivalents temps plein recherche n'ont augmenté que de 20 % dans le public durant la même période.

Cette hausse sans précédent des chercheurs d'entreprises a concerné surtout les activités informatiques, l'industrie automobile, ainsi que la construction aéronautique et spatiale. Par ailleurs, la recherche privée emploie des personnels relativement jeunes avec un âge médian de 39 ans, inférieur de 8 années à celui de la fonction publique.

En revanche, la recherche publique est plus féminisée avec 35% de femmes que la recherche privée qui ne compte que 20% de femmes.


Source : Rapport 2014 sur l'état de l'emploi scientifique en France.

20 février 2015

Protéger les salariés jusqu'à les ruiner ?

Depuis les années 1990, le secteur productif français a connu une multiplication sans précédent des textes normatifs ou réglementaires, notamment dans le domaine Hygiène, sécurité, environnement (HSE) qui est relatif aux risques professionnels.

Si les grands groupes ont les moyens de surmonter une telle complexité administrative, ce n'est pas le cas des petites structures qui éprouvent de plus en plus de difficultés à appliquer la loi. Non pas par défiance, juste par manque de moyens. En effet, obligées de recourir aux services de consultants spécialisés, elles doivent piocher sans cesse un peu plus dans leur trésorerie pour se mettre en conformité. Ce qui réduit d'autant leur capacité à investir ou à augmenter la rémunération de leurs employés.


Source : Rapport 2014 du Conseil économique et social sur l'état de la France.

01 décembre 2014

L'électricité renouvelable, moins chère que l'EPR

La technologie EPR constitue l'évolution naturelle des réacteurs nucléaires à eau pressurisée, et apporte à la filière un niveau de sûreté inégalé grâce à des dispositifs de sécurité redondants. Cependant, le coût de production de l'électricité à partir de cette technologie sera largement supérieur à celui des anciennes centrales, et même supérieur au coût de production de l'électricité éolienne et photovoltaïque.

Le coût moyen de l'électricité EPR devrait ainsi dépasser les 100 € par MWh, soit 20 € de plus que l'électricité éolienne terrestre à l'heure actuelle. De plus, le coût de production de l'électricité photovoltaïque est en chute libre. En moyenne de 140 € par MWh en 2014, il devrait atteindre pour la première fois le seuil de 105 € par MWh lorsque le parc de Cestas sera ouvert dans le Sud de la France dans quelques mois.


Certes, le nucléaire amorti demeure de loin plus compétitif que n'importe quelle autre source d'énergie, mais l'âge moyen du parc nucléaire français est de 25 ans. Avec une durée d'exploitation prévue de 40 ans (ou de 60 ans dans le meilleur des cas), la plupart des centrales devront être fermées au plus tard en 2040. La filière des réacteurs à eau pressurisée dans laquelle la France s'est engagée semble donc vouée à l'extinction, en espérant une percée scientifique majeure dans la fusion nucléaire d'ici là...

Source : Natixis - Flash économie "Pétrole moins cher : tout n’est pas favorable".